Reflective Interaction est un groupe de recherche en art et en design avec et sur les dispositifs interactifs. Le groupe Reflective Interaction se confronte à la problématique suivante : comment et pourquoi concevoir, réaliser et expérimenter des dispositifs artistiques interactifs qui articulent des dimensions esthétique, symbolique et opératoire au profit d’expériences autant sensibles que réflexives, et cela en investissant des champs sociotechniques prospectifs interrogeant nos relations d’interdépendance avec nos environnements humains et non-humains : l’interaction de groupe, les objets robotisés, les nouveaux matériaux actifs et réactifs voire vivants, les éditions interactives multi-supports non-basées sur le texte ?

La notion de « dispositif » prend de plus en plus d’importance dans la création contemporaine, en art comme en design. À la confluence de problématiques artistiques, technologiques et sociétales, les dispositifs sont des agencements qui comportent nécessairement une dimension opératoire, effective ou potentielle. Celle-ci est d’autant plus concrète qu’il s’agit de dispositifs interactifs qui se transforment en interdépendance avec les environnements dans lesquels ils prennent place et auxquels ils prennent part. Les travaux du Groupe de recherche Reflective Interaction d’EnsadLab portent sur les modalités de mise en œuvre de la relation opératoire de ces créations avec leur contexte naturel et artificiel, impliquant le plus souvent des humains. En provoquant des expériences autant engageantes que réflexives, ces travaux interrogent en particulier ces liens d’interdépendance qui configurent nos communs et composent activement nos environnements.

RECHERCHE-CRÉATION, PLURIDISCIPLINARITÉ ET PUBLICISATION

Associant étroitement « Recherche et Création », les chercheurs de ce programme investissent des dispositifs prospectifs impliquant des problématiques artistiques, technoscientifiques, sociétales et / ou environnementales. Si l’ancrage disciplinaire est bien celui des arts et du design, compte-tenu de la complexité des champs investis, nos recherches impliquent le plus souvent des collaborations avec d’autres disciplines, que celles-ci relèvent des sciences humaines et sociales, des sciences de la nature ou de celles de l’ingénieur.

Ensemble, par la pratique, nous expérimentons, questionnons et développons des modes de représentation et d’action contemporains et en devenir, en premier lieu, ceux liés aux technologies interactives et, plus largement, aux interactions. Notre rapport à ces technologies et, fondamentalement, à la technique, ne relève ni de la soumission, ni de la condescendance ; loin d’être des outils fermés, à utiliser, il s’agit bien de dispositifs, à opérer et à penser, dans une démarche prenant en compte l’histoire de ce type d’approches pouvant se référer, par exemple, aussi bien à Gilbert Simondon qu’à Jack Burnham.

Le travail collectif d’expérimentation et d’étude de ces dispositifs porte sur leurs écritures, agencements et technicités, autant que sur les situations qu’ils suscitent et sur leurs impacts sociétaux et environnementaux. Si cette démarche rejoint certaines méthodes de la recherche académique (état de l’existant, analyse, positionnement, objectif, verrou, hypothèse de résolution, étude d’usage, etc.) elle met avant tout en son cœur l’expérimentation et une dynamique récursive et itérative plutôt que linéaire. Ces différentes étapes sont en effet toujours mises à l’épreuve des faits et des interactions par des expérimentations et des mises en œuvres singulières, individuelles comme collectives. Assumant un dialogue permanent entre ces deux approches – génériques et spécifiques, collectives et singulières, déductives, inductives et abductives – les membres de ce groupe articulent au plus près méthodologie de recherche et projet de création, « Recherche et Création » : « R&C ».

Les créations ainsi produites sont élaborées selon des dispositifs et des problématiques génériques, pouvant être facilement partagés, étudiés, théorisés, transférés.

Afin de rendre compte et de valoriser ces activités de recherche, nous nous attachons à les rendre publiques de multiples façons : expositions, expérimentations publiques, performances, démonstrations, workshops, conférences, débats publics mis en scène, posters et posters sessions, édition de textes, d’images, de contenus multimédias et multi-supports. Dès lors que nos travaux nous conduisent à développer de nouvelles formes d’instrumentation (logicielle comme matérielle), nous en envisageons le transfert, que celui-ci soit public (licence libre) ou industriel (brevet, etc.). Nous considérons l’ensemble de ces modes de rendus publics comme des publications, des modes de « publicisation », dans la mesure où publier consiste bien, avant tout, à rendre public.

AXES

Le groupe de recherche Reflective Interaction est composé de quatre axes, quatre thématiques autonomes mais faisant l’objet de collaborations régulières à l’intersection de ces différents champs.

Behavioral Objects
Cooperationnal Mobility
Responsive Matter
Experimental Publicization

MOTS-CLÉS

Interactivité, interaction, dispositif, système, environnement, instrument, opération et coopération, interdépendance, mobilité, robotique, matériaux actifs et « responsifs », lumière, intelligence artificielle versus intelligence naturelle, plurimédias et transmédias, data visualisation, data matérialisation, data physicalisation, publicisation