Conduit d’aération

Lucile Haute
Livre augmenté, 2013-2015

Conception visuelle, scénario, médias additionnels (montage vidéo et son) : Lucile Haute
Auteure, scénario, tissage hypertexte : Alexandra Saemmer
Conception visuelle, recherche documentaire, tissage hypertexte, scénario : Aurélie Herbet
Auteur, scénario : Julien Pænasse
Design graphique et interactif, ergonomie, développement iPad : Tomek Jarolim
Adaptation epub2 : Emeline Brulé
Coordination d’écriture : Odile Farge
Avec les voix de Elise Courcol-Rozès (Lia), Regina Demina (Marie), Jean-Paul Schintu (le critique), GS (Mohamed) et Leïla Vigné (Sonia)
Prise de son : Christian Phaure, studio de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs
Post-traitement son : Christine Webster
Documents vidéo : Grégory Dassié (captations des performances), Lucile Haute, Aurélie Herbet

Conduit d’Aération s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche & création porté par Lucile Haute et Alexandra Saemmer et soutenu par le Laboratoire d’Excellence Arts-H2H. Ce projet a bénéficié d’une aide de l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme Investissements d’Avenir (ANR-10-LABX-80-01).

Conduit d’aération est une hyperfiction pour tablette écrite et conçue par un groupe d’artistes-chercheurs avec le soutien du Laboratoire d’Excellence Arts-H2H. Elle a également été présentée en installation-performance dans le cadre de deux festivals. Le processus de création et de conception nécessitait une conceptualisation forte du potentiel d’action de l’hyperlien dans un texte narratif. Le processus de création et de conception des différentes versions de ce projet est fondé sur une théorie du « potentiel d’action » (terme emprunté à Iser, 1976) de l’hyperlien dans un texte narratif. Dans le « livre numérique » comme dans les installations-performances, il s’agissait alors d’anticiper sur la motivation des déplacements des auditeurs-spectateurs entre les différents textes.

Dès les premières expérimentations avec l’hyperlien dans le texte narratif au début des années 1990 (voir, par exemple, Afternoon a story, 1993), l’hypertexte s’est trouvé associé à la fragmentation, à la non-linéarité, à la mise en question des schémas « classiques » du récit. Dans Conduit d’aération, nous avons au contraire voulu explorer le potentiel d’un hyperlien soutenant une cohérence logico-temporelle entre différents épisodes d’un récit tout en proposant des chemins de traverse alternatifs. Nous inscrivons donc le livre numérique Conduit d’aération dans le mouvement contemporain de la « renarrativisation » (Blanckeman, 2000) : certains « lieux d’indétermination » sont néanmoins prévus dans la charpente logico-temporelle du récit.

Nous nous intéressons tout autant à l’anticipation possible des pratiques de lecture par l’hyperlien qu’à leur actualisation dans une situation de réception précise. Qu’advient-il du texte, des hyperliens et de la perception du temps et de l’espace du récit lorsqu’une hyperfiction, initialement conçue pour un dispositif de lecture privée, se transforme en une installation participative, proposée au public pour une exploration en temps limité ?