Soutenance de thèse de doctorat d’Oussama Mubarak

Designing and modeling collective co-located interactions for art installations

Thèse de doctorat en informatique présentée par Oussama Mubarak (Cédric/Cnam & EnsadLab/EnsAD).
Dirigée par Pierre Cubaud et Samuel Bianchini, et co-encadrée par David Bihanic.
Préparée au Conservatoire National des Arts et Métiers en partenariat avec l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Réalisée dans le cadre du projet ANR CoSiMa (ANR-13-CORD-0010).

Jury

• Maurice Benayoun (Professeur, Université municipale de Hong Kong, Examinateur)
• Samuel Bianchini (Maître de Conférences habilité à diriger des recherches, École nationale supérieure des Arts Décoratifs – PSL, Codirecteur de thèse)
• David Bihanic (Maître de Conférences, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne / École nationale supérieure des Arts Décoratifs – PSL, Co-encadrant de thèse)
• Pierre Cubaud (Professeur, Conservatoire National des Arts et Métiers, Directeur de thèse)
• Elisabeth Métais (Professeur, Conservatoire National des Arts et Métiers, Examinatrice)
• Laurence Nigay (Professeur, Université Grenoble Alpes, Rapporteuse)
• Warren Sack (Professeur, Université de Californie à Santa Cruz, Rapporteur)

Résumé de la thèse

À l’instar d’œuvres telles que Kinoautomat de Radúz Cincera, SAM – Sound Activated Mobile d’Edward Ihnatowicz et Glowflow de Myron Krueger, des artistes ont développé, dès les années 1960, des installations artistiques engageant des situations d’interaction collective co-localisée inédites, c’est-à-dire impliquant plusieurs voire de nombreux spectateurs interagissant dans le même lieu via et avec un dispositif informatique. Le nombre de ces travaux ne cesse d’augmenter depuis le début du 21ème siècle, profitant des nouvelles opportunités offertes par les avancées dans les technologies de vision par ordinateur en temps réel et par l’avènement de l’informatique ubiquitaire marquée par la multiplication et l’interopérabilité des appareils informatiques mobiles. Si les expériences en la matière sont de plus en plus fréquentes, elles n’ont jusqu’à ce jour fait l’objet d’aucune analyse structurée et, encore moins, de propositions d’outils et de méthodes de conception dédiés. Comment, aujourd’hui, concevoir de tels dispositifs artistiques interactifs dont la complexité intrinsèque implique des questions aussi bien de l’ordre technique, social, cognitif qu’esthétique ?

Cette thèse met à contribution des travaux antérieurs dans les domaines de l’interaction homme-machine (IHM), du travail coopératif assisté par ordinateur (TCAO) et des arts interactifs dans le but d’accroître notre connaissance quant aux défis auxquels sont confrontés à la fois les artistes et les participants de telles installations et, au-delà, les concepteurs de ces dispositifs en devenir. Un ensemble d’outils et de lignes directrices sont proposés pour la conception de systèmes d’interaction collective co-localisée pour les installations d’art numérique. Est d’abord développé un système de classification centré sur les aspects les plus décisifs permettant l’émergence d’une expérience collective. Deux approches différentes sont ensuite explorées pour trouver les bases d’un langage de modélisation graphique pour l’analyse et la conception de tels dispositifs. S’appuyant sur les réseaux de Petri, la deuxième approche permet de modéliser aussi bien les ressources spatiales et matérielles d’une installation, que les interactions homme-machine, humain(s)-humain(s) et humain(s)-machine(s)-humain(s).

Les investigations menées pour cette recherche ont nécessité de mettre un accent particulier sur les conditions – qu’elles soient spatiales, matérielles ou humaines – qui affectent la capacité pour les participants de telles installations de co-construire une expérience esthétique commune en l’absence d’orchestration ou d’un objectif pré-annoncé à atteindre. Si cette approche singulière concerne en premier lieu les arts interactifs, elle peut revêtir également un caractère pertinent pour d’autres communautés de recherche, y compris et en premier lieu, celle de l’IHM, ainsi que celles du TCAO, des Nouvelles interfaces pour l’expression musicale (NIME), du design d’interaction ou encore de la culture, en particulier de la muséographie.

Dans le cadre de

• EnsadLab, laboratoire de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs – PSL
• Cédric, Centre d’études et de recherche en informatique du Cnam
• Le projet CoSiMa (Collaborative Situated Media – ANR-13-CORD-0010) soutenu par L’Agence Nationale de la Recherche