Mettre en scène “Les Assises du design”

Un dispositif scénique pour porter la parole publique, Samuel Bianchini, Adrien Bonnerot, Pernelle Poyet et Annie Leuridan, 2019

Le Serment du Jeu de paume, le 20 juin 1789, Esquisse, 1791. Jacques-Louis David. Musée national du château de Versailles

La restitution publique d’un rapport sur la place et le devenir du design en France interpelle : comment associer cette parole publique à une forme qui permet de la porter de façon originale ; comment “designer” Les Assises du design ? Comment donner la parole, passer la parole, prendre la parole dans une arène publique pour mieux faire entendre la nécessité de développer cette discipline, le design ? Les Assises du design procèdent d’abord de la restitution d’un rapport élaboré par six groupes de travail, chacun suivant une thématique. Chaque présentation donne lieu à une discussion avec le public dans la salle. L’événement a été accueilli au Centre de conférences Pierre Mendès France, au Ministère de l’économie et des finances. Cette salle d’environ 600 m2 avec plus de 6 m de hauteur sous-plafond offre un grand volume composé essentiellement de bois chaleureux, celui-ci couvrant sol et murs. Cette architecture de Paul Chemetov et Borja Huidobro propose deux configurations : en amphithéâtre ou à plat. La seconde option a été retenue, offrant une sorte de grand plateau nu et permettant de sortir d’un dispositif hiérarchique, frontal, figé et quelque peu autoritaire qu’incarnent les gradins et l’emplacement unique donné à la parole. La salle est ainsi utilisée non seulement à plat mais aussi sans mise en scène frontale, ni axe dominant, de façon à distribuer la parole dans l’espace.

Les Assises du design procèdent d’abord de la restitution d’un rapport élaboré par six groupes de travail, chacun suivant une thématique. Chaque présentation donne lieu à une discussion avec le public dans la salle. L’événement a été accueilli au Centre de conférences Pierre Mendès France, au Ministère de l’économie et des finances. Cette salle d’environ 600 m2 avec plus de 6 m de hauteur sous-plafond offre un grand volume composé essentiellement de bois chaleureux, celui-ci couvrant sol et murs. Cette architecture de Paul Chemetov et Borja Huidobro propose deux configurations : en amphithéâtre ou à plat. La seconde option a été retenue, offrant une sorte de grand plateau nu et permettant de sortir d’un dispositif hiérarchique, frontal, figé et quelque peu autoritaire qu’incarnent les gradins et l’emplacement unique donné à la parole. La salle est ainsi utilisée non seulement à plat mais aussi sans mise en scène frontale, ni axe dominant, de façon à distribuer la parole dans l’espace.

Inspiré de mises en scène improvisées pour la prise de parole politique – en particulier celle du “Serment du Jeu de paume” – le projet proposé tente de répondre subtilement à une question brusque : pourquoi et comment monter sur la table, au beau milieu de toutes et de tous, pour prendre la parole ? Cet usage déplacé donne le “LA” pour un dispositif basé sur la création et l’accouplement de deux objets à la fonction et à la symbolique oscillantes : une table basse qui peut devenir estrade et un pupitre mobile, aisément transmissible, conférant autorité, tour à tour, aux différents intervenants aussi bien qu’au public.

Disposés à même le sol, ces objets, comme toutes les assises accueillant le public et les intervenants, forment une scénographie horizontale et distribuée. Répartis au milieu de la salle, six îlots sont constitués par six tables basses autour desquelles sont installés les groupes thématiques, jusqu’à ce que l’un.e d’entre elles/eux monte sur la table – convertie ainsi en estrade –, pour se placer derrière le pupitre qu’on lui tend et prendre la parole. Le public environne ces îlots de parole, suivant différents axes et dans une logique poreuse et horizontale, évitant toute scission “scène/salle”. Lors des discussions, deux pupitres mobiles circulent dans la salle, pour donner la parole à qui souhaite la prendre.

Ces éléments scénographiques sont eux aussi recouverts de bois, s’inscrivant sans rupture dans cette salle, ce grand volume homogène. Celui-ci nous engage à lever la tête et à prêter davantage attention à son plafond et aux coursives vitrées, réfléchissantes, qui l’entourent : une dense grille de néons recouvre tout le plafond et est prolongée par le reflet des coursives, accentuant ainsi encore l’horizontalité. C’est en s’appuyant sur cet éclairage élémentaire et ces coursives qu’un dispositif de lumière peut être créé, par filtrage, afin de plonger subtilement l’ensemble de la salle dans une ambiance participant pleinement de la scénographie tout en évoluant graduellement pour épouser le déroulé de la restitution et des discussions.


Crédits :

Dispositif conçu sous la direction de Samuel Bianchini avec Adrien Bonnerot et Pernelle Poyet (design du mobilier et mise en espace), Annie Leuridan (design lumière), Lucile Vareilles (production).

Projet élaboré dans le cadre d’une commande de la Cité du design à EnsadLab (laboratoire de recherche de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Université Paris Sciences et Lettres), en dialogue avec la Direction générale de la création artistique du Ministère de la culture et de la communication, la Direction générale des entreprises du Ministère de l’économie et des finances, l’équipe des Assises du design et celle du Centre de Conférences Pierre Mendès France du Ministère de l’économie et des finances.

Ce projet participe des recherches d’EnsadLab sur les nouvelles formes de “publicisation” de la recherche en art et en design.

Merci à Ulysse Abelard, Steven Akoun, Edith Buser, Abdelbaqi Chelqi, Juliette Chevalier, Victoire Disderot, Jean-François Dubernard, Cécile Gigot, Camille Herody, Alice Hervagault, Gwenaëlle Lallemand, Guy Le Goff, Emmanuel Mahé, Marie-Séverine Piard, Béatrice Salmon, Emmanuel Tibloux, Isabelle Vérilhac et toute l’équipe du Centre de conférences Pierre Mendès France.